«Ukraine: une enfance volée» a été exposé à Marseille en février-mars à la faveur de trois temps forts:

Le 3 février, notre recueil de dessins d’enfants ukrainiens témoignant des effets dévastateurs de la guerre a été présenté à Grand Central, le siège marseillais de la Provence.

Du 5 au 19 février, les oeuvres des artistes en herbe de 4 à 17 ans ont été présentées à la mairie des 6ème et 8ème arrondissements de Marseille, qui arborait pour l’occasion à son fronton le drapeau bleu et jaune ukrainien.

La veille des représentants du Conseil Municipal des Enfants en avaient eu la primeure, avant d’interroger en séance deux invités sur les mystères de conflit:  Andreï Kourkov, le plus célèbre des écrivains ukrainiens, et Denis Hiault, cofondateur de SOS-Ouman.

Le doigt levé, les représentants du CME ont multiplié questions et constats: « Il n’y a pas d’ukrainiennes dans l’armée?» « Les enfants ukrainiens dans mon école, ils sont souvent tristes » « Ça veut dire qu’on a de la chance de vivre en France? »

Un garçon de 8 ans a ainsi expliqué le conflit à une fillette qui interrogeait «Mais pourquoi Poutine fait la guerre? ». « C’est à cause des empires. Les Italiens ils ont fait l’Empire romain. Ils ont occupé la Gaule. Sauf qu’il y avait le village d’Astérix et Obélix. Ils obt résisté comme les Ukrainiens ».

Les dessins accrochés aux murs de la mairie évoquaient la disparition de proches, l’exil, la peur des bombardements, les séjours forcés angoissants dans les abris antiaériens des écoles, la perte de l’innocence. Le plus spontanément du monde, les petits marseillais ont exprimé leur empathie et solidarité .

Les enfants ukrainiens ne jouent plus à la guerre aujourd’hui, leur a expliqué Andreï Kourkov. « Ils ont appris que la guerre n’a rien d’un jeu ». Ils aspirent à une paix que la plupart n’ont jamais connu. Car l’invasion russe de février 2022 a été précédée d’une «guerre avant la guerre» dans le Donbass et en Crimée, dès 2014.

Dans notre catalogue dédié à l’enfance volée qu’il a préfacé, Andreï Kourkov écrit joliment: « Il me semble parfois que nous manquons d’un Ministère pour la réalisation des voeux des enfants. »

Du 20 février au 6 mars, l’exposition s’est déplacée à la Cômerie, un ancien couvent de soeurs franciscaines proche de la mairie du 6§8. Le vernissage a été prolongé par un concert donné par deux musiciens ukrainiens parrainés par l’Atelier des Artistes en Exil.

Le catalogue Ukraine: une enfance volée reste en vente via notre boutique en ligne